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950 000 kilomètres de routes, de la neige et de l’IoT

L’hiver, le ski et la traque aux bouchons

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Si l’hiver fait la joie des skieurs, neige, givre et verglas riment quant à eux avec détérioration des conditions de circulation. Pour sécuriser le réseau routier national, soit près de 950 000 kilomètres de voies diverses, des moyens humains et matériels colossaux sont déployés. Il faut dire que le réseau routier est sans conteste, un pilier de notre économie.

La viabilité hivernale désigne justement le dispositif de maintien et de rétablissement des conditions de circulation à un niveau satisfaisant, du point de vue de la sécurité et de la fluidité, dans l’usage de la route. Il est ordinairement déclenché de novembre à mars et son efficacité conditionne la continuité des activités économiques en période hivernale.

L’Etat (routes nationales), les directions des routes des conseils généraux (routes départementales), les sociétés concessionnaires (réseau autoroutier) et les communes et communautés de communes pour (réseau communal) organisent une coordination complexe et rigoureuse active 24h/24 et 7 jours sur 7.

Elle engage des milliers d’agents et d’équipements, prêts à être intervenir sur une distance équivalant à environ 24 fois le tour de la terre !

Des dispositions adaptées à chaque aléa

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La viabilité s’envisage selon deux angles.

Le « curatif », par un raclage à la lame de la neige ou du verglas, n’est utilisé que lorsque l’usage des saleuses ne s’avère pas suffisamment efficace par rapport à la réactivité attendue par les usagers pour « la mise au noir de la chaussée ».

Le « préventif », pour éviter une chaussée glissante par épandage de sel (en saumure ou en grain) est effectué avant l’apparition du verglas ou de la neige et représente la plus grande partie des interventions en viabilité hivernale pour que, le verglas et/ou la neige aient le moins de prise possible.

Selon les estimations de Planetoscope, chaque année entre 750 000 et 1,5 million de tonnes de sel d’épandage sont déversées sur les routes de France pour déneiger ou faire fondre le verglas.

Pour à la fois maintenir les conditions de circulation et mieux préserver l’environnement en limitant l’usage de sel et autre dérivés, le mot d’ordre est donc : Anticipation.

La chaîne de collecte et de remontée des mesures et informations liées aux évolutions climatiques sur le réseau routier représente donc un maillon stratégique dans l’aide à la prise de décision.

Mesurer, surveiller, anticiper

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La surveillance météorologique provenant des satellites et de radars et la prévision basée sur des modèles extrêmement complexes, proposent aujourd’hui des cartes affichant des données et images en temps réel et des scénarios de prévisions, indispensables à la surveillance des conditions de circulation. Pas suffisamment localisées, ni assez précises, pour mesurer l’impact des variations locales, elles restent encore incomplètes, et nécessitent l’expérience et la connaissance terrain pour être interprétées de manière pertinente.

Avec l’avènement de l’internet des objets, les technologies de l’information et de la communication offrent la possibilité d’aller plus loin, de mailler un territoire large, de manière extrêmement fine, pour mesurer en continu, surveiller en temps réel et anticiper.

Comme dans le dispositif GrizzLY à Lyon, il s’agit de placer des capteurs miniatures, sans fil, autonomes en énergie, en des points stratégiques pour mesurer la température de chaussée et l’humidité de l’air en continu. Les exploitants accèdent à ces données via le web et suivent, en temps réel, l’évolution de courbes de température et d’humidité, pour surveiller le « point de rosée » également appelé « point de givre ». La remontée en temps réel de ces données localisées de manière précise permet de compléter les prévisions de Météo-France pour réagir rapidement face à des phénomènes très localisés. La fiabilité, la précision et le caractère immédiat de l’information, obtenue grâce à ces systèmes peu intrusifs et peu couteux, confèrent une agilité qui limite ainsi la consommation des ressources.

L’objectif est d’optimiser l’usage des moyens humains et matériels, tout en limitant la consommation de sel pour une plus grande maîtrise des coûts du dispositif. Outre la réduction des opérations de salage, bénéfique à l’environnement et au budget de la viabilité hivernale, la limitation de l’usage des saleuses participe également au maintien d’un trafic fluide.

Ce petit reportage en dit long : https://vimeo.com/122002752

Agir au plus près de la réalité pour être efficient

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Le coût de la viabilité varie en fonction de la rigueur des hivers. La Direction Interdépartementale des Routes de l’Est partage que pour l’hiver clément de 2015/2016 le coût s’est élevé à 4,7 millions d’euros (hors coût de personnels), la consommation de sel à 14 200 tonnes et a mobilisé 142 engins et 645 personnes entre le terrain, l’organisation et le pilotage.

Parallèlement, lorsque l’on connait la complexité d’une prise de décision dans le cadre de la viabilité hivernale des routes, on mesure tout l’intérêt des systèmes de surveillance sans fil basés sur des capteurs miniatures. Anticiper, c’est être en mesure de définir quels sels ou produits dérivés répandre. Ce sera, généralement, du chlorure de sodium jusqu’à – 6 °C ou – 8 °C, on optera pour du chlorure de calcium pour des températures plus basses.

Répandre au moment idéal, c’est intervenir à partir du moment où le salage agit efficacement contre la formation du verglas, donc pas trop tôt, et tant qu’il est utile c.-à-d. pas trop tard.

La possibilité de mesurer en continu aussi finement, de manière localisée et de traiter ces informations en temps réel rend indéniablement la mission de viabilité hivernale plus efficace.

Dans ces nouvelles conditions, il est plus simple de :

  • Sécuriser la circulation routière,
  • Préserver l’activité économique,
  • Réduire les émissions de Co2,
  • Optimiser l’usage des ressources humaines et matérielles,
  • Limiter les opérations d’épandage de sel pour préserver notre environnement.

Compte tenu de tous ces avantages, il n’est pas étonnant que l’observatoire des politiques et des stratégies de transport en Europe ait répertorié ces systèmes parmi les innovations notables en matière de gestion du transport. Le bulletin qui cite cette avancée est d’ailleurs téléchargeable dans la collection « Thema » du ministère de la transition écologique et solidaire :

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/17089_Gestion-trafic-milieu-urbain_Web_planches_FR.pdf

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